Bidon rempli en plus du réservoir, double plein le même jour, ticket gonflé : les 6 schémas de fraude à la carte carburant, et comment auditer vos relevés.
Données source : prix-carburants.gouv.fr
Périmètre : données, prix et réglementation pour la France métropolitaine. Les montants et obligations cités ne s'appliquent pas hors de France.
Elle prend rarement la forme d'un détournement massif. Elle s'installe par petites quantités régulières, sur des montants qui ne déclenchent aucune alerte comptable. C'est pourquoi elle se détecte par recoupement de données, pas par lecture de factures.
Signal : un litrage supérieur à la capacité du réservoir. Un plein de 71 litres sur un véhicule qui en contient 60 est arithmétiquement impossible. C'est le signal le plus fiable, car il ne dépend d'aucune interprétation.
Signal : deux transactions sur le même véhicule à quelques heures d'écart, dont la somme dépasse la capacité du réservoir. Légitime sur un long trajet, suspect en usage urbain.
Signal : un plein de SP95 sur un véhicule diesel. Il s'agit presque toujours d'un autre véhicule — souvent personnel — servi avec la carte de l'entreprise.
Signal : une station à plusieurs dizaines de kilomètres de la position connue du véhicule ce jour-là. C'est le seul signal qui constitue une preuve et non un indice statistique — à condition de disposer des positions, et d'avoir informé les conducteurs.
Signal : transactions de nuit ou de week-end sur un véhicule à usage strictement professionnel en semaine.
Signal : une consommation qui augmente durablement de plus de 10 % sans changement d'usage ni de saison. C'est la signature du prélèvement régulier de petites quantités.
Un signal n'est pas une preuve. Un litrage excessif peut venir d'un plein de jerricans autorisé pour du matériel ; un carburant incompatible, d'une erreur de saisie de la station. La méthode qui tient est de qualifier chaque anomalie (à traiter, à vérifier, justifiée, résolue) avant d'en tirer une conclusion, et de conserver la trace de cette qualification.
Sur le plan RGPD, le croisement avec des positions véhicules exige une information préalable des conducteurs, une finalité déclarée et une durée de conservation limitée. Ce n'est pas optionnel.
Dans la plupart des flottes, la fraude avérée représente une part minoritaire des sommes récupérables. Le poste dominant reste le surcoût d'achat : des pleins faits au-dessus du prix du marché local, sans aucune intention frauduleuse. Un audit sérieux chiffre les deux séparément — l'un se traite par la discussion, l'autre par l'orientation des pleins.
Les estimations sectorielles convergent vers 1 à 5 % des volumes pour la fraude au sens strict (bidons, cartes partagées, tickets gonflés). En ajoutant les pleins faits sans regarder le prix, l'écart entre dépense réelle et dépense optimale dépasse souvent 5 à 8 % du budget carburant.
Partiellement : plafonds, restrictions horaires, alertes de volume. Mais il ne croise ni la capacité réservoir de vos véhicules, ni la motorisation, ni le prix payé avec le prix de marché local du jour — un plein administrativement propre peut être 20 cts/L au-dessus du marché sans déclencher aucune alerte.
Pas directement sur un simple indicateur statistique — il doit être corroboré par des justificatifs et un entretien contradictoire. Une preuve géolocalisée (position du véhicule au moment du plein) constitue en revanche un élément matériel plus direct, sous cadre RGPD strict.
En croisant l'horodatage et la position GPS du véhicule (flux télématique existant) avec le lieu et l'heure de chaque plein : si le véhicule n'était démontrablement pas à proximité de la station, le plein devient une preuve, pas un indice. Disponible en plan Growth et supérieur, positions conservées 60 jours maximum, collectées uniquement sur une plage horaire configurable.